Tu prépares les oraux du CRPE externe bac+3 de la session 2027. Les inscriptions ouvrent à l'automne 2026, le programme est dense et l'épreuve demande de mobiliser tes connaissances clairement face au jury, pas de réciter une fiche.
Et le concours est tout récent : format bac+3 instauré à la session 2026, et la première épreuve d'admission change encore de durée pour la session 2027. Ce qui a marché pour un candidat il y a quelques années n'est plus une boussole fiable.
Voici ce que tu passes vraiment à la session 2027, ce qui est déjà officiel et ce qui ne l'est pas encore, ce que le jury cherche derrière les grilles, et les pièges qui plombent même les candidats bien préparés.
Format officiel vérifié le 10 août 2026. Ce guide concerne le concours externe bac+3 (instauré à la session 2026). Point de vigilance : la durée de la première épreuve d'admission est modifiée à compter de la session 2027 — le texte est en cours de publication au Journal officiel à la date de vérification, et cet article sera mis à jour dès sa parution. En l'état des textes, la première épreuve dure 45 minutes après 1 heure de préparation (coefficient 5) et la seconde dure 55 minutes (coefficient 3). Consulter la page officielle Devenir enseignant.
Le nouveau format bac+3 (depuis la session 2026)
La grosse rupture, c'est l'arrivée du concours externe bac+3. Tu peux désormais te présenter dès la L3. Un concours externe bac+5 continue d'être organisé pendant la période transitoire — la session 2027 est la dernière où les deux cohabitent ; à partir de la session 2028, le bac+3 devient l'unique concours externe. On décrit ici uniquement le concours réformé bac+3.
Tu passes deux épreuves orales d'admission.
Première épreuve : l'épreuve disciplinaire. 1 heure de préparation, puis 45 minutes devant le jury : 15 minutes d'exposé et 30 minutes d'échange. Coefficient 5. L'exposé porte sur l'explicitation et la mobilisation d'une notion en français ou en mathématiques, à partir d'un ou plusieurs documents fournis. Tu choisis le domaine à l'inscription. Attention : cette durée est modifiée pour la session 2027 (texte en cours de publication au Journal officiel) — le format de 45 minutes est celui en vigueur à la session 2026.
Seconde épreuve : EPS + entretien. 55 minutes au total, coefficient 3. Elle comprend une partie consacrée à l'EPS, puis un entretien sur ta motivation, ton parcours, les valeurs de la République et les exigences du service public.
Les deux épreuves sont notées sur 20. La note 0 à la première épreuve, ou à l'une des deux parties de la seconde, est éliminatoire.
Session 2027 : ce qu'on sait du calendrier (et ce qu'on ne sait pas encore)
Transparence d'abord : à la date de vérification de cet article (10 août 2026), les dates exactes de la session 2027 ne sont pas encore publiées. Voici ce qui est officiel et ce qui relève du rythme constaté.
Ce qui est officiel. Les inscriptions à la session 2027 se dérouleront à l'automne 2026, uniquement sur la plateforme Cyclades (le site de ton académie et Devenir enseignant publieront le calendrier détaillé). L'inscription à une prépa privée ne vaut pas inscription au concours : les deux démarches sont indépendantes.
Le rythme de la session 2026, pour te repérer. Les inscriptions au CRPE bac+3 se sont tenues du 14 octobre au 2 décembre 2025, et les épreuves écrites d'admissibilité les 1er et 2 avril 2026 (calendrier officiel publié au Bulletin officiel n° 35 du 18 septembre 2025). Les oraux d'admission suivent les résultats d'admissibilité, au printemps. Si la session 2027 suit ce rythme — rien d'officiel à ce stade — tu passes l'écrit début avril 2027 et les oraux dans les semaines qui suivent.
Le point à surveiller pour les oraux. La durée de la première épreuve d'admission change à la session 2027 : le texte modificatif est en cours de publication au Journal officiel. Concrètement, cela peut toucher la durée de préparation, le temps devant le jury, ou le découpage exposé/échange. On mettra cet article à jour dès la parution — vérifie la page officielle avant de caler tes oraux blancs.
Ce que ça change pour toi maintenant. Inscris-toi dès l'ouverture des registres à l'automne (le ministère recommande de ne pas attendre les derniers jours), choisis ton domaine d'exposé — français ou mathématiques — dès l'inscription, et commence l'entraînement oral bien avant l'écrit : si tu attends l'admissibilité pour t'y mettre, il ne te restera que quelques semaines.
La première épreuve : expliquer et mobiliser une notion
C'est l'épreuve qui pèse le plus. Elle évalue ta capacité à t'exprimer clairement, construire un raisonnement et interagir avec le jury à partir d'une notion de français ou de mathématiques.
Tu disposes d'une heure pour préparer un exposé de 15 minutes à partir des documents fournis. Les 30 minutes suivantes permettent au jury de te faire préciser ou approfondir ton propos et peuvent porter sur des connaissances disciplinaires connexes.
Le jury vérifie notamment ta maîtrise de la notion, la solidité du raisonnement et ta capacité à reformuler. Ne transforme pas l'exposé en catalogue de définitions : annonce une progression, exploite les documents et explicite chaque étape.
Conseil pratique : structure ton exposé en trois temps clairs, pas plus : définition et enjeux de la notion, raisonnement appuyé sur les documents, synthèse et limites. Quinze minutes passent vite une fois que tu commences à parler.
Pendant l'échange, le jury creuse ton exposé : définition, justification d'une étape, autre méthode possible ou connaissance connexe. Réponds précisément et indique honnêtement une limite plutôt que d'improviser un fait.
La seconde épreuve : EPS, motivation et service public
La première partie est consacrée à l'EPS : 10 minutes de préparation, puis 20 minutes devant le jury, dont 8 minutes maximum d'exposé. Le jury propose deux questions relevant de domaines différents ; tu en choisis une, puis l'échange occupe le temps restant.
La seconde partie dure 35 minutes. Elle commence par 5 minutes de présentation de ta motivation et de ton parcours, suivies de 10 minutes d'échange. Les 20 dernières minutes portent notamment sur les valeurs de la République, les exigences du service public, la projection dans le métier, la transition écologique et l'épanouissement de l'élève, au travers de questionnements dont une mise en situation.
Pour la présentation de motivation, ne cite que des expériences que tu peux réellement expliquer. Pour les mises en situation, appuie ta réponse sur les obligations du fonctionnaire, l'intérêt de l'élève et les interlocuteurs à mobiliser.
Le piège, c'est de croire qu'il faut connaître par cœur la circulaire du 9 décembre 2021 sur la laïcité. Non. Ce qu'on cherche, c'est un agent du service public qui sait articuler trois choses : le droit (la neutralité du fonctionnaire), l'éducatif (comment je transforme un incident en moment d'apprentissage), et le pragmatique (qui j'appelle, dans quel ordre — directeur, IEN, équipe).
Ne récite pas Vincent Peillon. Le jury n'attend pas une dissertation sur la morale laïque. Il attend de voir comment toi, lundi matin, tu réagis quand un parent vient à la grille avec un sujet épineux. Calmement. Avec la loi en tête. Sans te mettre l'élève à dos.
Les 5 pièges qui plantent les candidats
Au-delà du contenu, voilà ce qu'on retrouve année après année dans les rapports de jury et chez les recalés.
Confondre programme et progression. Le programme, c'est le BO. La progression, c'est ce que toi tu construis pour ta classe sur l'année. Beaucoup déroulent leur séance comme si le programme suffisait à fixer l'ordre. Faux. Une progression de cycle 2, c'est ton choix d'enseignant — il faut savoir le défendre.
Maltraiter les cycles. Cycle 1 (PS/MS/GS), cycle 2 (CP/CE1/CE2), cycle 3 (CM1/CM2/6e). Si tu mélanges, c'est mort. Si tu proposes une séance "cycle 2" qui marcherait en MS, c'est mort. Tu dois pouvoir caler une notion sur l'année précise.
Vouloir parler de neurosciences sans les maîtriser. Tu cases "charge cognitive" ou "mémoire de travail", le jury pousse, tu calles. Si tu cites Stanislas Dehaene, prépare-toi à expliquer Les neurones de la lecture, pas juste la couverture. Mieux vaut t'appuyer sur des observations de stage que sur de la science cognitive mal digérée.
Montrer qu'on a peur des élèves. Quand le jury te dit "un élève te répond mal en pleine séance, tu fais quoi ?", il observe ta réponse autant que ta posture. Si tu pâlis ou si tu lâches "je l'envoie chez le directeur", c'est mauvais signe. Le jury cherche quelqu'un qui prend de la hauteur, pas quelqu'un qu'on imagine pleurer dans la salle des maîtres.
Citer Montessori (ou Freinet) sans avoir lu une page. Franchement, c'est le piège classique. "J'ai une approche montessorienne" — première relance : "vous avez lu quoi de Montessori ?" — silence. Cite uniquement ce que tu as vraiment travaillé. Mieux vaut bien défendre un seul auteur que mal en survoler quatre.
La méthode d'entraînement qui marche
Pas de magie. C'est de la répétition orale, à voix haute, dans des conditions proches du jour J.
Lis les BO et les rapports de jury. Pas seulement les programmes — les rapports de jury par académie, dispos sur les sites des rectorats. Les jurys y disent noir sur blanc ce qui les agace : tel terme employé à tort, telle posture qui sonne creux. Personne ne les lit, c'est exactement ce qui te démarquera.
Va observer en école d'application ou en stage filé si tu peux. Une demi-journée vaut dix livres de pédagogie. Tu y prends le vocabulaire vivant : "ateliers tournants", "rituel du matin", "APC", "PPS", "ULIS". Quand tu en parles à l'oral, ça sent le terrain — c'est ce que le jury veut entendre.
Fais des oraux blancs entre candidats. Trouve deux ou trois personnes en prépa et alternez les rôles : un présente, deux jouent le jury avec des questions tordues. La première fois, c'est artificiel. Au bout de la quatrième séance, tu commences à avoir des automatismes. Pas avant.
Simule quand personne n'est dispo. Avec le simulateur d'oral de concours de la fonction publique, tu uploades ton dossier, les sujets que tu veux travailler, tes BO. L'IA joue le jury, pose des mises en situation, relance sur ta motivation et te force à formuler tes réponses à voix haute. Ça ne remplace pas l'oral blanc avec des humains, mais ça ajoute des répétitions entre deux entraînements.
Planifie plusieurs passages complets avant l'épreuve, sur les deux oraux. L'objectif est de rendre la structure et les transitions familières, sans apprendre un texte mot à mot.
Pour s'entraîner pour de vrai
Le CRPE bac+3, c'est un concours de professionnels en devenir. Pas un examen universitaire. Le jour J, le jury ne se demande pas si tu as bien révisé — il se demande si toi, à la rentrée prochaine, dans une classe que tu n'auras pas choisie, tu vas tenir.
C'est cette projection-là qu'il faut travailler. Pas seulement le contenu.
Si tu veux faire un premier oral blanc maintenant pour voir où tu en es, tu peux t'inscrire ici et lancer une simulation gratuite. Tu importes tes notes, tu réponds aux questions à voix haute et tu reçois un feedback sur le fond, la structure et les points à retravailler.
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